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Le Galopin un film de Yasujiro Ozu avec Tomio Aoki, Tatsuo Saitô et Takeshi Sakamoto. 1929, Japon, 22 min. L’un des premiers films muets du maître japonais, une histoire de kidnapping adorable et loufoque influencée par le slapstick américain.

Le Galopin est l’un des premiers films, parmi ceux qui ont survécus, du cinéaste maître Yasujiro Ozu. C’est une comédie muette racontant l’histoire adorable et loufoque du kidnapping d’un petit garçon. Le film est présenté cette semaine dans une version restauré, complété par huit minutes inédites, récemment découvertes. Le rôle principal est interprété par l’un des enfants acteurs les plus célèbres de son époque, Tomio Aoki – âgé de six ans dans son premier rôle principal. Il joue un garçon ravi de se faire enlever, tant que ses ravisseurs peuvent supporter sa compagnie. La carrière impressionnante de Tomio Aoki comprend près de 300 films; des Gosses de Tokyo en 1932 jusqu’à Pistol Opera de Seijun Suzuki en 2001.

 

Le maître cinéaste Ozu, célébré pour ses drames familiaux et son unique approche de la composition, structure et rythme cinématographique, expérimente audacieusement les genres au début de sa carrière. Dans Le Galopin et Va d’un pas léger en 1930, il s’essaye même au style des comédies de gangster hollywoodiennes. Adapté d’une nouvelle de l’écrivain américain O. Henry, et influencé par Harold Lloyd et d’autres géants du slapstick muet, Le Galopin est un exemple parfait de la fascination d’Ozu pour la culture américaine, et de son habilité à s’approprier diverses formes et techniques pour les rendre propre à son univers.

 

Comme beaucoup d’oeuvres de cette période du cinéma japonais d’avant-guerre, le film a survécu uniquement par fragments. La version présentée, restaurée et augmentée, résulte d’une collaboration entre le Kyoto Toy Film Museum, où une copie 9,5mm avec 8 minutes inédites fut retrouvée, et du laboratoire de restauration numérique de l’Université de Rochester.

 

Yasujiro Ozu (1903-1963), l’un des plus grands innovateurs et maître de la composition cinématographique, était un homme modeste (il s’est lui même qualifié de “fabricant de tofu”). Ces films, parmi lesquels figurent Printemps tardif (1949), Voyage à Tokyo (1953), Le Goût du saké (1962), étaient méconnus hors du Japon de son vivant. Ses films sont aujourd’hui vénérés par les cinéphiles et réalisateurs du monde entier, et ont eu une grande influence auprès de cinéastes tel que Hou Hsiao-hsien, Claire Denis, Aki Kaurismäki, Joanna Hogg, Ryusuke Hamaguchi, Paul Schrader et Pedro Costa.

Crédits pour
Le Galopin
interprètes
Tomio Aoki, Tatsuo Saitô & Takeshi Sakamoto
scénario
O. Henry, Tadao Ikeda, Kogo Noda, Tadamoto Okubo, Yasujiro Ozu
image
Ko Nomura