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SOLEIL un film de PIERRE CLÉMENTI. 1988, France, 16 min. Un poème psychédélique en 16mm du cinéaste expérimental et acteur-icône des années 60. Présenté avec La Cinémathèque française.

Pendant le mois de Septembre, Le Cinéma Club est honoré de présenter, en partenariat avec La Cinémathèque française, une sélection de quatre courts-métrages français provenant de leurs collections historiques. Tournés entre les années 60 et la fin des années 80, ces films sont chacun des exemples admirables du cinéma indépendant français découlant de la Nouvelle Vague. Ils ont été récemment restaurés avec l’aide de la Cinémathèque française et sont présentés ce mois-ci pour la première fois en ligne sur Le Cinéma Club.

 

Pierre Clémenti est connu de la plupart des cinéphiles comme un acteur à l’énergie poétique et excentrique, une figure culte notamment des années 60 pour ses rôles dans Le Guépard (1963) de Luchino Visconti, Belle de jour (1967) de Luis Buñuel ou encore Le Conformiste de Bernardo Bertolucci (1970). Mais Pierre Clémenti était aussi un réalisateur underground avec une vision personnelle et radicale du cinéma. Soleil est une oeuvre hybride, mélangeant les éléments d’un journal intime re-créant des événements autobiographiques, le making-of du film et des images de transe expérimentales. Soleil est le dernier film que Pierre Clémenti a réalisé, et son oeuvre favorite au sein de sa filmographie.

 

Pierre Clémenti commence à réaliser des films à la fin des années 60 et utilise l’argent qu’il gagne en tant qu’acteur pour s’acheter une caméra 16mm Beaulieu. Il restera fidèle à cette caméra pour tourner ses divers courts et moyens-métrages. Ses films rassemblent essentiellement des images tournées spontanément dans son quotidien, que cela soit pendant les manifestations de Mai 1968, dans les coulisses du film de Marc’O Les Idoles (1968), de La Cicatrice intérieure de Philippe Garrel (1972), ou chez lui avec sa femme Margareth et son fils Balthazar. Clémenti fabriquait ses films tout seul, de l’écriture à la caméra, en passant par la production et le montage.

 

 

“Ce dernier film est celui que je préfère… j’ai laissé ma plume au vestiaire le jour où les mots se sont envolés, le jour où les mots ont perdu leur sens.” PIERRE CLÉMENTI

 

Soleil révèle son dévouement à un cinéma à la fois inspiré et intime. Clémenti regroupe des nouvelles images avec celles issues de ses travaux précédents, et ouvre son film avec la re-création de son arrestation à Rome en 1971 pour détention de drogues. Il maintiendra que ces stupéfiants avaient été déposés chez lui par les autorités italiennes en signe de représailles contre ses idées politiques; il fut innocenté peu de temps après pour manque de preuve. Si cet événement et ses répercussions sont au coeur de Soleil, la portée du film va bien au-delà de ce sujet.

 

Sa narration en voix off, influencée par la poésie de Rimbaud et l’écriture automatique des surréalistes, suit la logique d’un flux de pensée qui se reflète aussi dans un montage libre et associatif. Une bande originale électronique et funk composée par John Livengood donne au film une atmosphère et un rythme hypnotique. À la fin de Soleil, le spectateur peut se sentir comme sortant d’une transe, ou surgissant d’un rêve.

 

‘Soleil’ a été numérisé et étalonné en 2K, à l’Institut audiovisuel de Monaco, à partir d’un internégatif image et du négatif son. Projet conduit par l’Institut audiovisuel de Monaco, la Cinémathèque française et Balthazar Clémenti, en collaboration avec le Centre Pompidou. Le Cinéma Club souhaite remercier La Cinémathèque française et Balthazar Clémenti d’avoir permis la diffusion du film.

Crédits pour
Soleil
interprètes
Balthazar Clémenti, Margareth Clémenti, Pierre Clémenti, Rose Clémenti & Marie-Laure de Noailles
scénario
Pierre Clémenti
musique
John Livengood